La santé du Teckel : dépister, sélectionner, transmettre autrement

Choisir de faire naître des chiots est une responsabilité qu'il faut prendre au sérieux.
Lorsque l’on aime une race, on ne peut pas s’intéresser uniquement à son physique, à ses couleurs ou à son caractère. Il faut aussi s’intéresser à sa santé, à ses fragilités et à ce que nous pouvons faire, à notre échelle, pour préserver les générations futures.
Le Teckel possède certaines prédispositions et plusieurs maladies héréditaires pour lesquelles des tests génétiques existent aujourd’hui. Pour moi, ne pas utiliser ces outils lorsqu’ils sont disponibles n’a pas de sens dans une démarche d’élevage responsable.
Les tests génétiques : un véritable outil de sélection
Un test ADN ne sert pas simplement à obtenir un joli certificat à montrer aux futurs propriétaires.
Il permet de connaître le patrimoine génétique d’un reproducteur et, surtout, de raisonner les mariages.
Certaines maladies génétiques sont récessives : un chien peut donc être parfaitement sain en apparence tout en étant porteur d’une mutation qu’il pourrait transmettre à sa descendance.
C’est précisément là que les tests prennent tout leur sens.
Un chien porteur sain n’est pas nécessairement un chien qu’il faut exclure systématiquement de la reproduction. Selon la maladie et son mode de transmission, il est parfois possible de conserver un sujet intéressant dans un programme d’élevage en le mariant avec un reproducteur indemne et en évitant ainsi de produire de chiots atteints.
Le but n’est donc pas de chercher des chiens « parfaits ».
Le but est de connaître ce que l’on transmet et de faire des choix éclairés.
Des maladies propres ou particulièrement importantes chez le Teckel
Le Teckel n’est pas une race exempte de problèmes de santé. Certaines affections héréditaires sont particulièrement surveillées dans la race.
Les tests disponibles permettent notamment de rechercher différentes maladies génétiques telles que l’ostéogenèse imparfaite, certaines formes d’atrophie progressive de la rétine, la céroïde-lipofuscinose neuronale, la mucopolysaccharidose de type IIIA, la narcolepsie, la myélopathie dégénérative, la maladie de von Willebrand ou encore certaines sensibilités médicamenteuses. Le bilan génétique proposé pour le Teckel par ANTAGENE regroupe actuellement neuf maladies génétiques.
Certaines de ces maladies peuvent avoir des conséquences particulièrement lourdes. L’ostéogenèse imparfaite, par exemple, entraîne une fragilité osseuse extrêmement importante et peut provoquer des fractures pathologiques ; elle est liée chez le Teckel à une mutation du gène SERPINH1 et se transmet sur un mode autosomique récessif.
Ces maladies ne sont donc pas de simples informations théoriques sur un pedigree. Derrière chaque mutation se trouve potentiellement la vie et la santé d’un chien.
Pour moi, un élevage sérieux doit réalier les tests !
Je considère que lorsqu’un éleveur choisit de faire reproduire ses chiens, il doit mettre toutes les chances de son côté pour produire des chiots en bonne santé.
Aujourd’hui, nous avons la chance de disposer d’outils qui permettent d’identifier certaines mutations génétiques avant même la reproduction.
A mon sens, un élevage qui ne réalise aucun dépistage génétique sur ses reproducteurs ne s’inscrit pas dans une démarche d’élevage suffisamment responsable.
Faire naître des chiots ne devrait jamais être uniquement une question de beauté, de pedigree ou de demande.
La sélection doit également intégrer la santé.
Tester ses reproducteurs, connaître leurs résultats et réfléchir aux mariages en fonction de ces informations représente, à mes yeux, le minimum que l’on puisse faire lorsque l’on décide de donner naissance à une nouvelle génération.
Mais les tests génétiques ne garantissent pas un chien « zéro risque »
C’est un point qui me semble essentiel à expliquer aux futurs propriétaires.
Un chien testé n’est pas un chien garanti sans maladie.
Les tests génétiques ne permettent de rechercher que les anomalies génétiques pour lesquelles nous connaissons une mutation et pour lesquelles un test existe.
Ils ne permettent pas de prédire toute la vie d’un chien.
Un Teckel peut parfaitement être indemne de toutes les maladies recherchées et développer malgré tout, au cours de sa vie, une maladie non testable génétiquement, une affection acquise, un problème orthopédique, une maladie liée à l’âge ou encore un problème dont l’origine est multifactorielle.
Le risque zéro n’existe malheureusement pas.
Mais pourquoi tester alors ?
Parce que l’absence de risque zéro ne signifie pas qu’il faut renoncer à réduire les risques.
Au contraire.
Si nous pouvons identifier certaines mutations responsables de maladies graves, pourquoi ne pas nous en servir ?
Chaque test nous apporte une information supplémentaire. Chaque information permet de mieux choisir un mariage. Et chaque mariage réfléchi permet, à notre échelle, de contribuer à diminuer la transmission de certaines maladies au sein de la race.
C’est une démarche de prévention et de sélection, pas une promesse d’invulnérabilité.
La génétique n'est qu'une partie de la santé
La santé d’un Teckel ne se résume évidemment pas à un résultat ADN.
La sélection doit également prendre en compte la morphologie, la locomotion, la qualité des aplombs, la construction générale, le tempérament, les antécédents familiaux et l’état de santé des reproducteurs.
Certaines problématiques importantes chez le Teckel, notamment les affections de la colonne et la maladie du disque intervertébral, ne peuvent pas être résumées à un simple test ADN. La morphologie, la conformation, le poids, la musculature et l’environnement du chien participent également à son risque. Les recommandations actuelles de santé pour la race insistent notamment sur la préservation d’une conformation fonctionnelle, le maintien d’un poids adapté et la surveillance de la colonne.
Chez Des Fèves Tonka
Chez Des Fèves Tonka, les tests génétiques font partie intégrante de ma réflexion autour de la reproduction.
Je souhaite connaître le patrimoine génétique de mes reproducteurs et utiliser ces informations pour construire mes mariages de manière réfléchie.
Parce qu’être éleveur, ce n’est pas seulement faire naître.
C’est aussi savoir ce que l’on transmet, pourquoi on le transmet et ce que l’on peut faire pour transmettre mieux.